La transformation numérique est le thème de prédilection de nombreux média économiques. Pourtant, dans les PME et ETI, le flou demeure souvent lorsqu’on s’interroge sur les applications pratiques de ces mutations.

En fait, le terme « numérique » recouvre une évolution longue engagée il y a une trentaine d’années avec les ERP et, connaissant une accélération foudroyante, avec l’externalisation des environnements applicatifs (cloud), avec la dématérialisation des processus administratifs clients-fournisseurs et avec l’exploitation accrue de données externes volumineuses (big data, gestion de la relation client).

Les tendances de fond de cette évolution longue sont :

- La recherche de productivité et de fiabilité dans les processus de back-office : la dématérialisation des factures fournisseurs, des échanges et des voies de preuve autour de procédures et de technologies EDI ou de certification de formats standards par des signatures électroniques. Le symétrique est vrai également pour les circuits commande et de facturation des clients.

- La réactivité permise par l’information de gestion produite plus rapidement, de manière synchrone et standardisée, et à coût moindre. Ceci est rendu possible par des outils de business intelligence : data warehouse et hyper-cubes exploités en mode web dans le cloud. Par exemple, les informations consolidées de trésorerie sont fournies en quasi temps réel ce qui permet au DAF un pilotage à court terme des flux. Ceci est également vrai des informations de gestion au sens large.

- La mutualisation, en mode cloud, de logiciels applicatifs externalisés (ERP et BI). Elle peut être source d’économies ainsi que d’allègement de ressources informatiques internes, permettant à l’entreprise de se recentrer sur son vrai métier.

- La maîtrise des prévisions de revenus dans un monde très volatil, autour d’outils de gestion de la relation client. La construction permanente de scenarii est une exigence pour le DAF qui doit tirer des sonnettes d’alarme et proposer des mesures d’adaptation.

Comment, pratiquement, conduire avec succès un projet « numérique » ?

Comme cela apparaît supra, le champ est vaste et les ressources de la PME limitées.

Les cinq règles de succès nous paraissent être :

1. Raisonner « business » et non outils. Les outils viennent au service de processus reconfigurés (« purchase to pay », « order to cash », reporting), et non l’inverse.

2. Hiérarchiser les priorités et les bénéfices. Ne pas chercher à tout faire simultanément. Par exemple, une priorité pourra être un reporting plus fréquent et plus fiable et des coûts de back-office allégés.

3. Construire un projet séquencé dans le temps avec des livrables et des moyens

4. Quantifier les bénéfices lorsque possible. Préciser également certains bénéfices qualitatifs, par exemple, l’amélioration de la relation client.

Penser « Hommes » et évolution des métiers et des compétences. C’est là une condition fondamentale, car le numérique bouleverse le travail.

Denis Molho

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